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Quand l’écume enlace le sable, ils construisent des châteaux et des sanctuaires ; et quand le froid fait la guerre à la pierre, il sculpte des vallées et des grottes.

Telle est l’histoire de Feytroun ! L’histoire d’un vieux village du keserwan qui respire par ses » poumons de rocs » en inspirant son passé glorieux et en expirant une civilisation qui se renouvelle.

A la manière des dieux qui jouissent de leur quiétude, Feytroun siège sur un trône élevé à 1250 m d’altitude. Ses rochers « parlants », source d’inspiration aux grands écrivains, poètes et peintres, s’allient harmonieusement aux maisons en « pierre », dessinant des toiles superbes. Dans ces « sculptures », est gravée la mémoire géologique des siècles, pour former un échantillon spontané de l’art de la nature, un « symposium » rocheux surréel par son charme et sa beauté, formant un « musée rocheux », comme l’a dit le philosophe Amine Rihani dans son livre « Le coeur du Liban ».

La beauté de Feytroun ne se limite pas à son « musée ». Le climat sec, « rocheux », tout au long des saisons, fait de Feytroun un endroit singulier sur la carte touristique du Liban.

Son emplacement entre la haute montagne et la côte s’étend du fond de la Vallée de la Croix jusqu’aux pieds de Sannine ; d’où son nom « Feytroun », qui vient du grec « fay » « trouna » = trône du Seigneur. L’origine syriaque du mot signifie « le rocher splendide ». Les 2 étymologies montrent la spécificité de ce village en complète harmonie avec « la force » et « la fierté ».

Grâce à ses vestiges, Feytroun occupe une place de choix sur la carte du tourisme archéologique au Liban : La citadelle  » el Hosn » était, dit-on, un sanctuaire phénicien au-dessus duquel les grecs ont construit leur temple, et les romains l’ont pris pour citadelle. Les « marada » ont fait de même en fortifiant la bâtisse pour la protéger des invasions venant de l’est. Beaucoup de tombes sont gravées dans les rochers près du sanctuaire, qui, dit-on, est relié par un passage secret à la vallée où se trouve l’église Saint-Georges « Ain el Kahel ».

La municipalité de Feytroun veille sur la richesse rocheuse en appliquant scrupuleusement les lois concernant les carrières, en mettant en relief les traits archéologiques du village et en entretenant les chemins qui y conduisent, en particulier le sentier menant à « la Vallée de la Croix ».

Les gens de Feytroun sont réputés pour leur talent de travailler la pierre. Leurs maisons en pierre taillée montrent bien la finesse de leur goût et la solidité de leur savoir-faire. Ils honorent ainsi leur terre rocheuse, source de leur inspiration.

Malgré son sol rocheux, on trouve à Feytroun divers arbres fruitiers, et en première place les pommiers. La « verdure » étant essentielle dans ce « Musée des rochers », la municipalité essaie de multiplier les espaces verts et contrôle la coupe d’arbres.

Le nouveau tissu social est formé de plusieurs familles originaires de Feytroun, ainsi que d’autres, nouvellement installées, oeuvrant ensemble pour le développement et l’amélioration du village.

Au plan touristique, point fort de Feytroun, des complexes d’habitation ont été construits, assurant plus de mille appartements, des terrains de sport et des piscines. Chaque été, le village célèbre la fête de St. Georges, Patron du village, par un festival comprenant des activités artistiques diverses.

Toutes ces « petites histoires » sont extraites du quotidien de Feytroun et où se rencontrent le patrimoine du passé et la modernité du présent. Les feytrouniotes tiennent fort à cette harmonie dans le but de sauvegarder la singularité de leur village natal, comme on protège un joyau rare!